Pêcheur de dorades et de bars dans le Golfe du Morbihan

Pêcheur de dorades et de bars dans le Golfe du Morbihan

Journal intime d'une royale !

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Il vous est certainement arrivé de pêcher du bord ou en bateau avec un joli ver posé au fond.
N'ayant eu aucune touche, vous avez remonté l'ensemble pour relancer à un autre endroit et oh, surprise ! y'a plus de ver, il ne reste que l'hameçon ! Comment se fat-il ?
Qu'à cela ne tienne, je remets un autre beau ver et je relance.
Ah, une petite touche. Je ferre à tout hasard ... dans le vide !... Et en plus, je me suis fait bouffer mon ver !..
Qu'est-ce que c'est que ces petites cochonneries que je n'arrive pas à attraper ?
Ah, je vois, mon hameçon est trop gros.
Je remplace l'hameçon par un plus petit sur lequel j'enfile un ver plus petit mais tout aussi juteux !
Non mais, je ne vais quand même pas nourrir tout le menu fretin du coin pour rien !
Et ça continu, encore et encore : toutes petites touches, ferrages dans le vide et plus de ver !
J'en connais, des têtus, qui ont failli devenir fous ces jours-là !
Et on a beau tout essayer, rien y fait. Les plus pessimistes abandonneront ce type de pêche trop désastreux. Les superstitieux, regretteront de ne pas avoir lu leur horoscope du jour ou mettront ça sur le compte du mauvais sort (c'était pas un bon jour). D'autres accuseront la météo (c'est normal, les vents étaient à l'est, alors évidemment !).Mais rares seront ceux qui penseront avoir eu à faire à des daurades royales et encore moins à des poissons de plus de 3 kg. Et pourtant, c'est un des secrets de la royale qui la différencie des autres gobeurs voraces qui avalent tout ce qu'il leur semble bon, même des trucs indigestes.
Pour percer ce secret, j'ai du élever un banc de 5 royales en aquarium, à domicile et les observer pendant plus de 6 ans en effectuant des expériences de présentation d'appâts contenant des hameçons reliés à un bas de ligne ... comme à la pêche !....

Si la suite vous intéresse, taper 1... pour m'encourager !
Sinon, taper 2



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Je suis grandement intéressé. Je tape 1
Team Rodhouse/Pro staff Lowrance/Atelier nautique de Kerollaire-Sarzeau/Bâmboo rods

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1 pour moi aussi

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Voici une photo de l'aquarium de Doro et ses 5 dodos;
http://imageshack.us/a/img713/7269/2n5c.jpg


Dernière modification le 31-12-2013 à 00:33:42
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effectivement on n'est pas là pour faire semblant , impressionnant !
à ce stade c'est au delà d'une passion . Bravo en tout cas .
Ya dla matiere !

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J'attendais ton retour pour passer à la suite.
Maintenant, avec Thanh, on se sent moins seuls...

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Contexte : un aquarium de 1000 litres d’eau de mer froide dans le salon avec un système de filtration au sous-sol contenant 200 litres d’eau en circulation permanente dans un filtre à UV, des filtres mécaniques, un filtre à charbon, un serpentin de fréon relié à un compresseur pour refroidir, un bac libre dans lequel je conserve mes vifs pour le bar et une pompe pour retourner l’eau dans l’aquarium au rez-de-chaussée. Un léger courant à l’arrivée de l’eau dans l’aquarium et pas une seule bulle. Ça ressemble à un fond du golfe sans trop de courant mais poissonneux. Un banc de 5 royales de 1 à 2 kg évoluant avec des bars et d’autres espèces plus petites.
Objectif : comprendre pourquoi je rate autant autant de royales.
Matériel : un bas de ligne de 35 centièmes sur lequel j’ai fixé 2 hameçons 2/0 distants de 5 cm et dont j’ai coupé les pointes et ardillons pour ne pas piquer mes poissons. (C’est un montage wishbone avec un brin plus court que l’autre). Le tout étant relié à un détecteur de touche au-dessus de l’aquarium.
Appât : un couteau vivant avec sa coquille dans lequel je place les deux hameçons. Je saucissonne le tout avec un fil nylon que j’assure en le fixant au bas de ligne pour que les poissons ne l’avalent pas.
Action : Je laisse tomber le couteau au fond de l’aquarium en faisant attention que le fil soit bien tendu entre le couteau et le détecteur de touche.
Observation : La plus grosse des royales semble très intéressée par le couteau car elle s’est positionnée juste au-dessus, la tête en bas et la queue frétillante. Elle semble l’observer, le sentir. Les autres restent bien sagement en arrière. Après une courte hésitation, elle semble s’exciter, se met presque à la verticale, toujours tête en bas et se décide à attaquer. Elle aspire l’extrémité du couteau contenant le muscle (la partie la plus charnue), en croque un cm, aspire à nouveau un cm qu’elle croque à nouveau, puis un autre, et un autre jusqu’à ce que le couteau ait complètement disparu dans sa gueule. Le tout en moins d’une seconde et sans bouger d’un cm. J’avais à peine le temps de déclencher mon chronomètre qu’elle avait déjà terminé. Le plus incroyable reste à venir car elle n’avait pas terminé : elle s’immobilise en position horizontale sans faire aucun mouvement de ses lèvres. Elle analyse le contenu de sa gueule. Ça, je ne le vois pas mais je le suppose car rapidement, le verdict tombe : elle recrache en deux souffles violents, un morceau de coquille mal cassé qu’elle trouve trop gros … et mes deux hameçons qu’elle trouve trop durs et trop indigestes. Et tout ça, en restant sur place. Je ne vois aucun déplacement horizontal de sa part et mon détecteur de touche n’a senti aucun mouvement du fil non plus ! Étonnant, non ?
Cette expérience, je l’ai renouvelée des dizaines de fois, j’ai invité des potes pêcheurs pour leur montrer cette même scène qui se renouvelait toujours de la même manière. La plus grosse arrivait, broyait le couteau sur place, en un éclair, et recrachait les hameçons. Toujours ? Non. Une seule fois, la plus petite a grillé son tour. Elle est venu voler le couteau sous le nez de la grosse et à foncer jusqu’au fond de l’aquarium pour le bouffer en vitesse et à l’écart. L’aquarium ne faisant "que" 1,76m, elle n’a pas pu aller bien loin. Elle s’est arrêtée dans un coin, la tête basse, en mâchouillant nerveusement le reste du couteau. Les 4 autres se sont précipitées sur elle, non pas pour lui reprendre le couteau mais pour lui asséner un coup de tête dans le flanc et la punir de sa faute. Complètement paniquée, elle a fait plusieurs tours d’aquarium à fond de train, cherchant désespérément à se mettre à l’abri. Le calme n’est revenu dans l’aquarium, que quand la petite s’est arrêtée de tourner. C’est la seule fois que le détecteur m’a indiqué une touche. Mais quelle touche franche ! Il a fallu que je sorte la petite royale de l’aquarium en tirant sur le fil pour lui ôter les hameçons qui ne piquaient pourtant pas. Ce qui n’a pas été simple car elle refusait obstinément d’ouvrir la gueule. Il a fallu que j’aille cherche un pince pour lui tenir la gueule ouverte et récupérer mes hameçons avec un dégorgeoir.
Mes conclusions : dans un banc de royales en aquarium, il existe une hiérarchie et c’est la plus grosse qui bouffera en premier sauf en cas de concurrence alimentaire exceptionnelle. Si la hiérarchie est respectée et si le courant n’est pas très fort, une royale peut très facilement broyer, sur place, un appât et recracher les hameçons sans se faire piquer.
Si vous souhaitez connaître les variantes de cette expérience, taper 1
Sinon, je m’en tape.

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en dehors de la prouesse technique et de la gestion ingenieuse de ton aquarium qui m'impressionne déjà , il semblerait en effet que la hierarchie soit une regle pour cette espece , mais gardons nous de conclusions trop hatives , car notre observation se fait en milieu reconstitué . Par analogie je sais que les bars se regroupent (hors periode de frai ) en bancs dont les individus sont de meme taille et de meme generation . Dans le cas de tes dorades elles sont sans doute de differentes generation et celà pourrait induire une hierarchie generationnelle , ou liée à la taille et/ou peut etre sexuelle (male /femelle si l'un des 2 est morphologiquement plus "gros" que l'autre au meme age ) mais que se passe t il quand les dorades sauvages sont en banc , elles se regroupent par poids et age ou de maniere intergenerationnelle ?
on vient d'ouvrir une sacrée boite à question .
Sinon quand une dorade n'est ni pressée ni stressée , visiblement elle "deguste" et analyse avant de trier , et celles là sures d'elles , probablement des memeres seront difficiles à piquer , A l'inverse quand on n'a pas le statut de Boss ou quand la concurrence est forte , elles sont moins regardantes .
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Je te remercie pour tes compliments mais je réfute tes accusations de conclusions trop hâtives. Si tu me relis, j'ai bien précisé que c'était les conclusions des observations de mon banc de royales en aquarium. Il serait idiot de faire des extrapolations sur des royales sauvages et d'en définir des règles de pêche qui fonctionnent tout le temps.Un aquarium, aussi grand soit-il, reste un milieu confiné où l'aquariophile tente d'établir un équilibre entre tous les animaux qu'il y a introduits. Les besoins alimentaires de chaque animal du bac sont satisfaits par l'aquariophile. C'est lui qui décide du menu du jour et de la quantité délivrée à chaque fois. En milieu naturel, c'est très différent. Un banc de royales va être confronté à des prédateurs, à d'autres bancs de royales ou à d'autres poissons en concurrence alimentaire. Son objectif quotidien sera de trouver une zone tranquille où la nourriture est suffisante pour tout le groupe. Il pourra décider de changer de menu à sa convenance.
Le but de mon observation n'était que de vous faire prendre conscience de la finesse des royales en matière gustative et vous donner une des raisons principales expliquant pourquoi, certains jours, vous perdez vos appâts sans avoir de touche ou en n'ayant que des touches insignifiantes vous faisant penser qu'ils ont été dévorés par des petits poissons... A l'avenir, éviter de suivre une mauvaise piste et penser à la daurade royale. Cette grosse maligne qui sait si bien se faire passer pour un tout petit poisson. J'en ai vu plus d'un, ferrer un petit poisson qu'il jugeait proportionnellement à la touche qu'il avait eu... se retrouver attelé à une royale de plus de 5 kg !... Je peux vous garantir qu'une telle surprise ne s'oublie jamais !..
Je peux vous garantir aussi que tous les pêcheurs à qui j'ai montré cette expérience sont restés ébahis devant mon aquarium, en voyant la rapidité à laquelle la royale a bouffé le couteau et la facilité déconcertante qu'elle a eu à se débarrasser des hameçons.
En tout cas, je te remercie de ton attention et de ta réaction. Je suis content de voir que quelqu'un semble manifester un intérêt pour ma rubrique.
Je ne peux cependant pas divulguer tout ce que je sais d'un seul coup.
Plus de quarante ans d'expériences diverses concernant la daurade royale, ça ne se résume pas facilement.

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autre limite d'études de l'aquarium : pour avoir déjà observé les "repas" en pisciculture , les poissons d'élevage se jettent sur le "casse croute " qui arrive à heure fixe , comment fais tu pour eviter ce comportement modifié ?

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Il suffit de varier le menu et d'éviter la nourriture trop facile à avaler. Il faut occuper les poissons et ne pas leur proposer le fast-food du type pisciculture. Privilégier des animaux vivants différents qui vont occuper les poissons pendant un bon moment comme des crabes, des moules et autres coquillages avec leur coquille, des crevettes, des puces de mer, des petites seiches, des alevins et tout ce que vous pouvez trouver de comestible à marée basse. En aquarium, il faut trouver les astuces pour nourrir toutes les espèces de manière équitable. Si vous ne disposez que d'appâts mous (vers, moules décoquillées etc..) il faudra les jeter tous ensembles si vous voulez que les poissons de fond comme les royales et les soles aient une chance d'attraper ceux que les poissons longs n'auront pas pu gober en pleine eau. Pour mes expériences avec les royales, je n'utilisais que des appâts très sélectifs comme des coquillages dans leur coquille et des crabes entiers. Les labridés du bac étaient trop petits pour s'y intéresser.

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là encore tu m'impressionne , j'ai peut etre raté un épisode mais tu as combien de poissons dans ton aquarium ? et sinon ça doit te prendre pas mal de temps de trouver du "frais" tous les jours

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J'ai profité de mon aquarium pendant 10 ans. Le temps de faire un max d'expériences. J'ai tenté d'introduire toutes sortes de crustacés, mollusques et poissons pour ne retenir que certaines espèces pouvant cohabiter dans un bac unique. Quand à la nourriture, il faut être bien organisé. Je proposais du frais à partir d'avril pour passer au congelé à partir de novembre. Les événements de la vie m'ont obligé de m'en séparer en 2005 mais c'est une autre histoire qui nous éloigne de notre sujet.

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Impressionant Doro, on voit qu'on a à faire a un véritable passionnés ,merci pour le partage !!

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Salut Ulu te voilà de retour sur le blog , t'as un retard monstrueux !

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Encouragé par la présence d'un nouveau participant que je remercie, je poursuis mon exposé.

Jusque-là, toutes mes expériences avaient été faites avec des hameçons droits et forts de fer 2/0 de type VMC ou OWNER-CUTTING-POINT auxquels j’avais enlevé la pointe et l’ardillon.
J’ai voulu testé une première variante :
Partant du constat qu’une royale pouvait détecter facilement deux hameçons 2/0 dans un couteau entier, j’ai voulu savoir à partir de quelle taille d’hameçon, elle ne les détecterait plus.
J’ai refait les mêmes tests avec des hameçons de plus en plus petits : des 1/0, puis des n° 1.
La grosse royale machouillait toujours le couteau aussi vite et semblait gênée par les hameçons qu’elle finissait toujours par recracher.
J’ai refait un test avec des hameçons n° 2 et là, elle a hésité beaucoup plus longtemps pour savoir si elle pouvait tout avaler mais a fini par les recracher également. Ouf !
Je ne vous cache pas d’avoir eu très peur de la voir tout avaler. J’ai tout de suite pensé à la difficulté que j’aurais eue pour récupérer mon montage sans casse, sans la blesser et sans semer la panique dans l’aquarium. La daurade royale est un poisson très puissant mais extrêmement craintif. Lui faire peur et elle panique immédiatement. Elle démarre comme une folle et fait paniquer toutes les autres qui ne savent plus où se mettre. Sans parler des autres poissons moins craintifs mais qui se demandent ce qui se passe et se mettent tous aux abris. Les coups de queues des royales sont si violents et si puissants qu’ils provoquent de multiples mini-tsunamis à la surface de l’aquarium. Heureusement, le mien était suffisamment bien protéger pour éviter toutes les éclaboussures dans le salon.
Afin de ne prendre aucun risque pour mes royales, je n’ai pas fait de tests supplémentaires avec des hameçons plus petits que le n° 2.
D’autre part, l’intérêt pour la pêche dans ce cas est quasiment nul car si la royale avale les hameçons, le bas de ligne se retrouvera au niveau de leur mâchoire qu’elle n’aura aucune difficulté à écraser sauf si vous utilisez des bas de ligne en acier. Mais par expérience, une royale prise dans les boyaux, c’est excessivement rare et de plus, elle souffre tellement qu’elle n’oppose aucune résistance. Donc, sans intérêt pour le coup de ligne.
Par contre, cette expérience m’a fait découvrir deux secrets exceptionnels de ces poissons incroyables.
Si vous souhaitez connaître le premier, tapez 1…
Si vous souhaitez connaître le second, tapez 2…
Si vous souhaitez connaître les deux, tapez 3…
Sinon, tapez 4


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1,2,3, .



Dernière modification le 10-01-2014 à 08:36:17

Dernière modification le 10-01-2014 à 08:36:21

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1.2.3...
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A la demande générale, je m'en vais vous livrer le premier secret :
J’ai très rarement observé une royale se cogner la tête contre une des parois en verre de 15 mm de mon aquarium. Ces faits rarissimes ne se sont produits que lors de mouvements de panique absolue. Pourquoi ? Parce que les royales ont un secret extraordinaire qui les différentie des autres poissons : elles sont équipées de la marche-arrière en série. Leurs nageoires pectorales sont très longues et très fines. Par contre, elles sont actionnées par des muscles surpuissants et ont une articulation leur offrant un rayon d’action de 180° d’avant en arrière. Ces nageoires leur permettent de se stabiliser parfaitement à un endroit fixe au-dessus du fond pour observer une nourriture potentielle, d’avancer bien entendu mais également de freiner brutalement leur élan, de s’arrêter devant un obstacle et même de faire marche-arrière. Les autres poissons, comme le bar, ne peuvent que ralentir avant l’obstacle et tourner pour l’éviter toujours en marche-avant. Si vous manipulez la nageoire pectorale d’une royale vivante, vous constaterez la souplesse et la latitude impressionnante de son articulation, contrairement aux autres poissons pour lesquels vous ne pourrez pas la ramener vers la tête. Ceux qui ont eu la chance d’en attraper quelques-unes ont surement dû remarquer qu’une fois morte, les nageoires se plaquent le long du corps. Les rayons de la dorsale, qui sont bien hérissés de son vivant, vont se replier contre son dos pour ne plus être visibles après sa mort. Les nageoires pectorales, quant à elles, vont se plaquer contre son corps en se dirigeant la plupart du temps vers la queue mais parfois, une des pectorales se positionne vers la tête. Dans ce dernier cas, vous pourrez constater la longueur impressionnante de cette nageoire dont l’extrémité dépasse la gueule de l’animal. Pour la daurade royale, ce sont ces nageoires pectorales d’apparence très fluettes, qui lui permettent de faire des démarrages fulgurants et des freinages tout aussi efficaces.
Pour connaître la suite .... il vous faudra attendre un peu !.... à moins que vous insistiez...

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Devant tant d'instance.... je poursuis :
Un autre de leurs secrets est celui de détecter un obstacle peu visible qui se trouve devant elle comme la paroi en verre d’un aquarium bien que transparente, un filet de pêche, etc…
La perception sensorielle des daurades royales est beaucoup plus fine que pour les autres espèces de poissons.
Je ne sais pas quels sont les sens qui leur permettent de le faire (la vue, l’odorat, la perception par sa ligne latérale des variations de pressions de l’eau ou des variations de courants à l’approche de l’obstacle, ou encore autre chose) mais elles « sentent » l’obstacle avant même de le toucher.
La plupart des poissons sauvages, que j’ai capturés et introduits dans mon aquarium, en ont fait le tour en tâtant les parois par des coups de tête. Les royales, quant à elles, n’ont jamais eu ce comportement. Certes, il leur arrivait de frôler les parois mais elles ne se cognaient jamais.
Ce sont ces deux secrets qui lui permettent, en temps normal, d’éviter tous les pièges qui se dressent devant elle. Je précise « en temps normal » car il y a une exception où ses sens ne lui suffiront pas : dans les cas de panique absolue, où la peur lui fera faire n’importe quoi et fuir dans la plus grande précipitation. Dans ces moments de panique, elle arrive si vite sur l’obstacle qu’il lui sera impossible de l’éviter. Comme pour nous, en voiture, nous devons respecter les distances de freinage. Arriver trop vite sur un obstacle, un freinage trop tardif, même avec l’ABS, le choc sera inévitable.
Ces deux secrets permettent d’expliquer pourquoi, les « pêcheurs » ne prennent jamais de royales dans des filets droits… sauf, s’ils encerclent complètement le ban et le font se précipiter dans les filets en les effrayant par du bruit (pétards, coups de rame dans l’eau etc..).
Toutes ces observations en aquarium m’ont permis d’inventer de nombreux systèmes originaux pour augmenter l’efficacité de mes captures de daurades royales en faisant diminuer le nombre de touches ratées. Je les ai tous testés, en situation réelle, dans le golfe du Morbihan pour ne pas risquer de piquer un des poissons de mon aquarium.
Je dois avouer que la plupart n’a pas fonctionnée sans que je comprenne toujours pourquoi.
Mais là, je ne pouvais qu’imaginer ce qui s’était passé sans l’avoir vu.
Ce n’était pas des échecs mais des dysfonctionnements qui nécessitaient des aménagements pour devenir efficaces.
Après avoir exploré de nombreuses pistes, j’en ai retenu une qui me parait la meilleure et qui permet de rater moins de touche sans permettre toutefois, d’obtenir 100% de réussite.
Il me reste encore une marche à franchir pour atteindre la perfection.
Je pense vous avoir donné suffisamment d’éléments qui vous seront utiles et vous encourage à réfléchir sur ce sujet passionnant pour inventer de nouveaux montages plus efficaces. Et je vous garantis que lorsque vous aurez trouvé une idée géniale, votre nuit précédant le test, sera peuplée de belles royales que vous amènerez à l’épuisette avec jubilation.
…. Vivement demain !....

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Tu nous laisses sur notre faim

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C'est passionnant de lire ton exposé Doro. Déjà je me dis que si la touche est imperceptible, le ferrage est difficile à prévoir? et du coup peut être pas indispensable, par contre des hameçons plus petits, très piquants,(qu'elle gardera dans la gueule) et un plomb assez gros pour permettre l'auferrage (quand elle part avec son casse croute) serait peut être une bonne piste pour moi.

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Excellent post !!! le virus de la royale , une fois qu'on y prend gout c'est pour la vie !!!!

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Merci DRENEC, pour les compliments.
Les premières royales que j’ai attrapées, dans les années 70, c’était avec un copain qui posait des bahos autour de l’ile d’Arz. Grâce à lui, j’ai découvert le golfe en bateau et j’ai apprécié sa splendeur et son potentiel halieutique. Les quelques sorties que j’ai faites avec lui, entre avril et juin, se sont traduites par des pêches de 25 à 35 kg. Hormis, la découverte du site et le remplissage des congélateurs, je n’ai jamais éprouvé de plaisir à pêcher de cette manière.
Passer sa journée à tourner en rond avec le bruit du moteur constamment dans les oreilles, poser les bahos, les relever avec, de temps en temps, un ou deux poissons bien fatigués qui ne se défendent quasiment plus, réappâter les hameçons avant de reposer le baho. Rentrer le soir, bien crevés avec un bon coup de soleil sur la figure alors qu’il restait encore la corvée de nettoyage du bateau et des poissons... Non, merci. Trop d’inconvénients pour le peu de plaisir que ça procure.
J’ai réussi à convaincre mon copain d’essayer de pêcher les royales à la canne. En l’absence de sondeur, les bahos nous permettaient de situer les bancs sur le plan d’eau. Dès qu’une royale était prise, nous jetions l’ancre à cet endroit et nous pêchions à la canne.
Etant un pêcheur du bord, principalement en eau douce et occasionnellement en mer, pour le bar et le lieu jaune, j’ai utilisé le même matériel pour la première fois en bateau et en mer.
A l’époque, il suffisait de se mettre, presque n’importe où entre l’ile Tascon et l’ile aux Moines pour faire une dizaine de kilos de royales minimum, à chaque sortie.
Personnellement, j’étais conforté dans mon choix de prendre une royale à la canne plutôt qu’au baho et je trouvais ces résultats excellents et plus que suffisants. Mon copain, quant à lui, bien qu’avouant prendre beaucoup plus de plaisir à la canne, me rappelait constamment qu’au baho, on en aurait fait trois fois plus ! Respectant son choix et ne voulant pas prendre le risque de refaire une journée complète au baho avec lui sur son bateau, j’ai acheté mon propre bateau d’occasion : un pneu Bombard de 3,40m d’occasion (à utiliser avec modération à cause de son confort spartiate procurant un mal de dos en cas d’utilisation prolongée).
A partir de ce moment-là, j’ai pu choisir de ne pêcher qu’à la canne et dans les endroits que je choisissais moi-même. Il me fallait absolument répondre à cette question : pourquoi les royales se prennent plus facilement au baho avec les mêmes hameçons et les mêmes nylons ? Les seules différences notables étant la longueur du bas de ligne (25 m pour le baho et 2 m pour la canne) et le plomb (1,5 kg pour la baho et 80 g pour la canne).
J’ai fait beaucoup de recherches comparatives et j’ai amélioré ma technique à la canne, petit à petit, test après test, pour obtenir de bien meilleurs résultats.
A l’origine, j’utilisais des montages beaucoup plus fins que les pêcheurs en mer traditionnels avec comme appâts, des vers de vase et des couteaux sans la coquille. Si cette finesse était payante pour la plupart des poissons, j’ai très vite compris qu’avec la royale, la finesse avait des limites et que les diamètres de fil utilisés en méditerranée n’étaient pas adaptés à la pêche dans le golfe du Morbihan. A cette époque, les articles consacrés aux montages pour la royale dans la presse spécialisée, étaient à l’origine de pêcheurs méditerranéens, jusqu’au jour où je suis tombé sur un article consacré aux daurades du golfe, signé par un certain André Corbel. Renseignements pris, je n’ai eu aucun mal à le rencontrer et nous sommes devenus immédiatement amis. Quand deux passionnés se rencontrent, leur passion est décuplée. Après avoir commencé à pêcher au baho pour faire comme tout le monde, il s’est vite lassé de cette technique et a inventé d’autres manières de faire plus actives. Il pêchait avec son bateau ancré en plein courant avec des lignes à main. La qualité de ses montages était impressionnante tant au niveau esthétique, qu’au niveau efficacité. Malgré son génie inventif, il avait, comme beaucoup d’anciens, des certitudes qu’il n’était pas prêt de remettre en cause : on trouve les royales dans les trous les plus profonds du golfe! Elles ne mordent qu’à la montante !..
Il a fallu que je l’amène plusieurs fois sur mon bateau pour lui prouver le contraire et lui faire admettre qu’il avait tort. Il est malheureusement décédé aujourd’hui mais je reconnais qu’il m’a apporté beaucoup d’eau à mon moulin.
J’étais jeune et j’ai découvert la vivacité des poissons de mer, bien supérieure à celle de la majorité des poissons d’eau douce équivalents de même taille. Quel plaisir d’attraper une dorade grise sur une canne fine. Sa défense est nettement plus violente que celle d’un brème ou d’une tanche de même poids. Le bar est plus énergique qu’une truite, une perche, un sandre ou un brochet. Quant à la royale, elle semble avoir cumulé toutes les qualités défensives de la carpe et du saumon.
La première royale qui dépasse le kilo vous donne déjà un petit aperçu de ses capacités. Pour le peu qu’elle dépasse les 2 kg, après le combat toujours incertain, vous commencer déjà à avoir les jambes qui flageolent. A partir de 2,2 kg, votre moulinet risque de se tordre dans tous les sens, à chaque tour de manivelle, surtout s’il n’est pas solidement fixé à la canne ou si sa solidité n’est pas suffisante. Vous risquez de ferrer un monstre qui vous fera douter de la qualité de votre matériel et de votre capacité à la ramener à l’épuisette. Le risque de panique est réel et fréquent rendant l’issue du combat plus qu’incertain et aboutissant bien souvent à une casse.
Forcément, dans ces cas-là, vous êtes tombés sur la plus grosse du golfe ! Alors qu’en réalité, elle ne dépassait peut-être, même pas, les 3 kg. Je vous le dis par expérience car il m’est arrivé de croire avoir ferré une royale record, en plein courant, qui m’a fait au moins 5 rushes consécutifs, me prenant à chaque fois entre 20 et 50 m de fil. J’ai cru la perdre plusieurs fois et m’a donné un mal fou pour la mise à l’épuisette. 5 à 6 fois consécutives, elle a trouvé les ressources nécessaires pour éviter l’épuisette. Je me souviens encore de mon immense déception lorsque je l’ai aperçue pour la première fois à la surface. Quoi ? Ce n’est que ça ? Tant que je ne la voyais pas, je l’imaginais faire largement plus de 5 kg, sans erreur possible, mais quand je l’ai vue, elle faisait moins de 3 kg !... Mais quel combat ! Quel bonheur incomparable !
Malgré mon épuisement total et ma rage d’avoir été trompé par cet escroc qui s’est fait passer pour un monstre, le poisson de ma vie, mon côté chevaleresque a repris le dessus et je l’ai remise à l’eau avec tout le respect que je lui devais en espérant la rencontrer à nouveau, quand elle aura pris du poids et donné naissance à de nombreuses petites royales aussi combatives que leur mère.
Mais combien de casses sur des poissons de cet acabit ?
Combien de touches ratées sur des royales ? Dont certaines, j’en suis persuadé, devaient être énormes et monstrueuses ?
Les poseurs de bahos, amateurs et professionnels, ont vu leurs résultats décliner depuis une dizaine d’années pour être très souvent médiocres, même s’il leur arrive encore de faire de belles pêches certains jours. L’augmentation des contrôles de la limitation des bahos à deux, pour les amateurs, a contribué à faire baisser le nombre des prises effectuées par ce type de pêche. Quant aux professionnels, les bonnes journées sont beaucoup plus rares qu’il y a une vingtaine d’années. Les casses sont fréquentes ainsi que la remonté d’hameçons sans appâts. La sélection naturelle en serait-elle la raison ? Ils ont attrapé les moins méfiantes qui ne se sont pas reproduites, il ne reste plus que les plus chipoteuses et leur descendance.
Pour en revenir à la question de DRENEC, effectivement, le ferrage est la partie la plus délicate de la pêche à la royale. Si la technique du ferrage s’apprend rapidement, le moment où le ferrage sera le plus efficace, est beaucoup plus difficile à appréhender car les règles en la matière sont impossibles à établir de manière pérenne. Une règle qui a parfaitement marché avec un appât donné un jour, ne marchera peut-être plus du tout le lendemain. L’objectif étant de surprendre le poisson au meilleur moment pour lui planter un hameçon au bord des lèvres. Il reste donc, à choisir le meilleur moment et … avoir de bons réflexes
Quant à utiliser des petits hameçons, j’en ai déjà parlé précédemment pour dire que je trouvais cela sans intérêt car en-dessous du n° 1, la royale risque de ne pas les sentir et de les avaler franchement.
Quand elle sera ferrée, l’hameçon se situera au niveau de son estomac et le fil du bas de ligne au niveau de sa mâchoire. Elle n’aura aucune difficulté à l’écraser entre ses énormes molaires.
Soit qu’elle va casser et repartir avec un piercing au niveau des boyaux qui ne lui apportera aucun intérêt au niveau esthétique.
Soit, mais vraiment exceptionnellement, elle ne parviendra pas à casser le fil et vous sortirez une royale par les boyaux qui se laissera venir sans combattre du tout à cause de la douleur trop forte qu’elle aura à supporter. La douleur est si intense, qu’elle va même nager vers le pêcheur pour avoir moins mal. C’est le genre de coup de ligne peu glorieux qui ne procure que très peu de sensation.
Je me souviens avoir sorti de cette manière une 4 kg, ma deuxième royale de la journée et dire à mon copain : « pas la peine de prendre l’épuisette, elle est plus petite que la première ! ». La première pesait 1,2 kg => il a fallu l’épuisette pour monter la dernière sur le bateau.
Un autre jour, après avoir ferré une royale et jugé qu’elle n’était pas très grosse car elle ne se défendait pas beaucoup, j’ai donné ma canne à la femme qui m’accompagnait et qui n’a eu aucun mal à la ramener à l’épuisette. A notre grand étonnement, elle pesait 3,5 kg et avait l’hameçon dans les boyaux.
Avec des petits hameçons, les chances de ramener la royale à l’épuisette sont infimes et le combat est totalement sans intérêt.
Pour moi, cette piste est à abandonner.
Etant jeune, je reprochais aux anciens, d'être bloqués par leurs certitudes qui les empêchaient de découvrir de nouvelles choses et d'avancer. A l'aube de mon passage de catégorie senior à celle de vétéran, il va falloir que je me méfie, moi aussi, de mes propres certitudes.
Alors, je m'empresse de rectifier : j'ai abandonné l'utilisation des petits hameçons, compte-tenu de mes expériences et de mes observations, mais je suis peut-être passé à côté de quelque chose de génial auquel je n'ai pas du tout pensé.
La pêche, comme toute activité, doit être une remise en cause permanente. C'est comme ça qu'on s'améliore et qu'on découvre des nouveautés.
Rien n'est acquis, tout est à inventer.
Bonne chance dans vos recherches de nouvelles pistes.

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Hors-ligne
Merci pour le partage Doro...
Team Rodhouse/Pro staff Lowrance/Atelier nautique de Kerollaire-Sarzeau/Bâmboo rods

11 appréciations
Hors-ligne
chapeau doro on sent vraiment le passionné en toi et merci pour ton partage c'est super intéressant

0 appréciations
Hors-ligne
Ce n'est pas un topic, mais bien une présentation "pescale" aux qualités littéraires et scientifiques indubitables et au suspens insoutenable !
Grand merci, Doro, pour ce rêve chassant l'insomnie et ouvrant des opportunités supplémentaires à notre imagination lors des prochaines séances de guet aquatique...

Ah que n'étais-je à poste sur PDR en ces frimas de janvier pour goûter à plein ce partage distillé subtilement au compte-gouttes, pauvre lecteur savamment appâté... qui n'aurait recraché aucun hameçon.
Très souvent, Bar atteint, vers 14 heures Dodo s'impose...

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