Pêcheur de dorades et de bars dans le Golfe du Morbihan

Pêcheur de dorades et de bars dans le Golfe du Morbihan

Prélèvement, préparation, conservation des appâts pour les sparidés : crabe, mye, couteau et bibi.

 

 

Les appâts bien choisis et préparés bonifient l'approche gagnante de la pêche aux sparidés.

Pendant la pêche à pied, je vais être attentif à garder mes appâts vivants donc frais.

Je choisirai un seau large pour entreposer mes esches que je couvrirai d'algues avant de les enfourner dans le coffre de la voiture.

Les grands seaux à peintre sont adaptés à la pêche à pied.

Je ne ferai pas le tour des bars avant de rentrer chez moi.

 

Cette pêche est l’occasion de se retrouver entre pêcheurs mais c’est aussi l’occasion d’une balade familiale.

 

Dans la recherche dans l’estran des appâts pour la dorade ou la grise, je me cantonne à quelques espèces:

- crabe

- solen ou couteau

- mye

- bibi

 

Ce sont mes préférés pour pêcher en Bretagne et dans les Landes et même à l'étranger quand j'avais un camping car équipé d'un congélateur.

 

Le crabe vert:

 

Quand l'eau se réchauffe nettement, je ne pêche plus qu'avec le crabe. Cela sélectionne la taille des dodos et des grosses grises.

 

La pose de 2 casiers bouettés avec de la vieille et vous avez vos appâts pour la session. Ceci n'est pas forcément la bonne solution parce que vous ne prélèverez que très rarement les fameux crabes mous, qui sont des friandises pour la dorade royale.

 

Pêche à pied du crabe vert :

 

Tous les coefficients sont valables pour trouver des crabes verts. Sous les roches et les algues, à proximité des parcs ostréicoles, dans les estuaires. C’est sûrement l’appât le plus facile à trouver pour les pêcheurs de l’Atlantique qui ont la chance d’avoir une côte rocheuse.

 

Dans les ports avec un carrelet et une darne de vieille vous aurez votre quota pour une session de pêche à la dodo.

 

Pour trouver les crabes mous, il faut les chercher sous les cailloux ou sous les algues, c'est physique et fastidieux. Ils sont généralement par deux, l’un couvrant et protégeant l’autre pendant la mue.

 

Avec  peu d’eau au fond du seau, les crabes verts et mous seront recouverts d’un tapis d’algues pour le transport.

 

Préparation et conservation du crabe vert :

 

A la maison, j’entrepose les crabes dans une grande bassine ou dans une baignoire pour enfant ou un bac de lavage pour le linge. Il faut trouver un grand récipient pour que les crustacés vivent à l’aise sans stresser. Stocker à l’ombre et au frais d’un cellier, d’une cave, je choisi un endroit sans odeur forte ni moisi. Les crabes ont tendance à capter et s’habiller des odeurs qui les entourent. Pour remédier à cela, je les nourris avec des bouts de cœur de mye, que je change régulièrement.

Si les crabes se nourrissent, c’est un bon signe, ils ne stressent pas et se sentent en sécurité et sont assez valides pour se mouvoir et s’alimenter, autrement ils s’imprègnent des phéromones de la mye…

Dans ce contexte, ils peuvent survivre jusqu’à 2 semaines, avec un fond d’eau de mer et des algues pour HLM.

 

Pendant une session de pêche, je les stocke à l’ombre et dans un seau large. Je les fais boire et les couvre d’eau de mer, quelques minutes toutes les heures. Les laisser dans l’eau longtemps diminue curieusement leur espérance de vie.

 

Le pied de couteau ou solen :

 

La bonne période pour pêcher la dorade au pied de couteau dans le Golfe du Morbihan, c’est à la reprise de la pêche du bar, courant Avril. Les eaux sont encore froides et les appâts mous sont plus prenants, inertes et odorants, ils captent l’attention des dorades un peu léthargique  au sortir de l’hiver.

 

Pêche à pied du couteau :

 

Je ne cherche pas spécifiquement les couteaux durant une session de pêche à pied. Ils se trouvent dans les mêmes endroits et les mêmes substrats que les myes, bibis et bucardes. Préférant la mye comme appât, je prélève des couteaux par défaut et pour avoir un panel d’appâts conséquents à présenter en session de test.

 

Nous pouvons les pêcher dans les zones sableuses et gravillonneuses, proche des parcs à huitre, ils se nourrissent de phytoplancton et vivent en colonie. Il n’est pas rare d’en trouver par dizaine au m2.

Ils vivent dans 40 à 50cm sous le sable et laisse à la surface un trou en forme de serrure ou plus ou moins oblong. Les solens annoncent leurs présences en projetant en biais un jet d’eau et s’enfoncent au plus profond de leur cavité. Leur siphon sableux est oblique comme généralement leur positionnement en profondeur.

 

Je les pêche à la fourche 4 dents qui me sert pour les bibis et surtout pour les myes.

Nous pouvons les pêcher au sel puisqu’ils sont réactifs à cette astuce. Le solen a l’impression que la mer remonte sous l’effet de l’augmentation de la salinité et sort de son logement, il suffit de l’attraper avant qu’il s’aperçoive du subterfuge.

 

La baleine de parapluie recourbée à un bout sous forme de crochet, est un instrument qui attrape le couteau dans son logement. Il suffit de faire un quart de tour après avoir enfoncé la baleine dans la chair du bivalve, pour l’extraire doucement. Ce procédé déchire la chair tendre du couteau.

 

Je trouve deux espèces de couteaux dans nos régions :

-  le couteau gaine qui se présente plutôt de couleur foncée presque noire avec une coquille rectiligne. Il est en voie de disparition et il vaut mieux ne pas le prélever.

-  le couteau américain a remplacé les autres couteaux et c’est celui-ci qui nous intéresse. Il a une forme un peu incurvée et sa couleur est brune, marron du clair au foncé. Il est abondant sur nos côtes bretonnes et surtout normandes.

 

Préparation et conservation du solen :

 

Pour les conserver, je saupoudre de sel les extrémités et la jonction des solens en plusieurs fois et je créai des fagots de 8 à 10 couteaux que j’enroule dans du papier journal, fixé par des élastiques.

 

Remiser au fond du frigo pour une pêche du lendemain ou pour les préparer à rejoindre l’espace qui est dédié aux appâts dans le congélateur. Je suis pour la paix des ménages…

Je ne les garde qu’une saison et je marque sur le paquet, la date du prélèvement.

 

La mye et le bibi :

 

 

La mye ou lutraire est communément appelée Couillou Kezec ou Kouillou Gezec ou inversement selon les bretons et vise en l'air ou pissous dans d'autres régions de l'hexagone.

 

C'est l'esche molle qui m'a rapporté les touches les plus franches, les engamages les plus nettes et les plus belles Royales à chaque début de saison. Les grisets en rafollent.

 

Pour les trouver, il faut attendre les plus grandes marées. A partir des coefficients de 90, des vents de terre qui augmentent le temps de la pêche à pied, armé d'une fourche solide et pas trop large, pour bécher vite et précis, vous êtes parés pour une séance de pêche à pied, sportive et vivifiante.

 

Ce moment est pour moi, les prémisses d'une session à la Royale. J'ai des pensées qui tuent, du style:

"Pour 2 belles myes récoltées, une dorade attelée".

Vous imaginez comment j'ai confiance dans cet appât.

 

Pêche à pied de la mye et du bibi :

 

Mes coins à mye se situent dans des zones qu'affectionnent les bibis et surtout les couteaux. Ces zones sableuses sont parfois recouvertes d'herbe marine ou zostère pendant la saison chaude. Les myes à marée basse s'enfoncent profondément dans le sable au-delà de 50cm.

 

La lutraire se trahit par son jet d'eau qu'elle projette puissamment pour s'éloigner de la surface.

Pour le provoquer, je frappe du pied et je tente de distinguer les projections d'eau qui crèvent le sable.

Certains percutent le sol avec leur fourche. Je ne procède pas ainsi, parce que je repasse et recroise les mêmes lieux et les trous effectués par les dents de la fourche rend difficile le repérage et se confond avec celui des myes.

 

L'orifice du logement de la mye est rond et bien dessiné. Il doit être droit, au contraire de celui du couteau qui est en biais. Pour le savoir vous pouvez enfoncer votre doigt pour vérifier si vous êtes tombés sur une mye ou un couteau.

 

Je bêche rapidement en plaçant ma fourche à 10cm de l'orifice. Mon coup de fourche provoque immanquablement une résurgence puisque la mye continue à vouloir s'enfoncer de plus en plus profondément. Ce deuxième jet confirme sa présence. Il arrive fréquemment d'extraire en même temps que la mye, le fameux bibi. C'est ainsi que je le récolte sans le chercher d'une façon spécifique.

 

Les pêcheurs à pied qui cherchent le bibi et que j'ai croisé, bêchent un peu au hasard pour les trouver. Le résultat de leurs recherches ressemble à un jardin dont la terre est retournée.

Le bibi ou siponcle marque son emplacement par un ou deux trous.

Je n'ai pour ma part jamais remarqué la correspondance de ce genre de trou et la présence d'un bibi. Je les trouve généralement en même temps que les myes et dans le même coup de fourche.

 

Il y a 2 écoles, celle qui attrape la mye sans l'endommager et l'autre pour un gain de temps dans le prélèvement, ne cherche qu'à extraire le Couillou indemne ou déchiqueté...

 

Après la cueillette, je lave les myes dans l’eau de mer et je les recouvre d’algue pour le voyage retour.

Ensuite c’est l’heure du pique nique apéro avec les amis et on refait le monde halieutique…

 

Préparation et conservation des myes et des bibis :

 

Les myes et leurs siphons sont plus prenants après congélation alors que le « cœur de mye » est pêchant frais.

 

J’ouvre la mye avec un couteau pointu et je fais le tour de la coquille sans entamer les chairs.

Je sépare le siphon du reste de la mye et je remplis un sac de congélation dédié au siphon et un autre au « cœur de mye ». Pour le siphon, je garde la peau de l’appendice que je retirerai le jour de la session de pêche, juste avant l’eschage.  

Je mets une dizaine de siphon par sac et le double pour les « cœurs ».

 

Avant de refermer les sacs, je vide l’eau que régurgitent les myes. Je marque la date du prélèvement et je les enfourne dans le congélateur.

 

Pour les bibis, la congélation se fera également par le même procédé et je les logerai par 5 unités.

 

Certains les conservent salés et ébrodés et enroulés dans du papier journal…

 

Pour conserver les bibis vivants, je les entrepose dans un Tupperware avec des cubes d’éponge humidifiés à l’eau minérale. Conservation au frais de 15 jours à 1 mois. Une autre méthode plus contraignante consiste à les placer dans un bac avec un lit de sable et un fond d’eau de mer à changer tout les 2 jours.

 

Les appâts congelés sont « consommés » d’une année sur l’autre.

2 sessions de pêche à pied me garantissent largement mon stock de myes et de couteaux congelés.

Pour les crabes vivants, je m’efforce d’y aller dés que l’ancienne bouette commence à dépérir ou à manquer…

 

Montage photo à suivre...



20/03/2012
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